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Blog d'un coureur à pied hors normes : traversées de la France (Transe Gaule) puis de l'Europe (TransEuropaFootRace 2009). marathons et 100km, 24heures...

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CR TransEspaña 2025

CR des 18 étapes de la TransEspaña 2025

27 Avril 2025

Je n'ai pas pu mettre en ligne mes CR en temps voulu pour diverses raisons.

La première étant que la 1ère étape s'est très mal passée pour moi, la seconde tient au fait qu'une coupure de courant a touché entre autres la péninsule ibérique ce qui m'a contraint à reporter la publication des deux premières étapes de cette TransEspaña.

L'étape inaugurale était un test pour savoir si j'allais être capable d'atteindre le col du Somport (km 15) puis de prendre le GR après 9km de descente et d'en ressortir sans chuter et enfin de franchir la ligne d'arrivée. Le test fut réussi mais à quel prix !

Je ne savais pas quelles séquelles j'allais conserver suite à mon embolie pulmonaire de la mi-mars, mais me connaissant, je me doutais que le manque de kilomètres depuis plus de 7 mois pendant lesquels je n'ai jamais fait de sortie de plus de 25km allait s'avérer pénalisant. Après une montée à une allure très modérée je passais au Somport en environ 2h, le cardio étant compris entre 135 et 155 selon les pourcentages de l'ascension. La descente commença bien mais le cardio restait anormalement élevé (supérieur à 130) et je ne me sentais pas relâché. Je débutai la partie trail après 3h de course et peu à peu je ressentis un frein à l'effort, atténué par l'excès de prudence; je ne souhaitais pas tomber car mon traitement d'anticoagulants m'aurait occasionné une hémorragie. J'avais une pochette de secours dans mon sac à dos mais aurait-elle suffi ? Le ravitaillement n°2 passé, je ne me sentis plus du tout dans mon assiette, dès que le chemin montait mon cœur montait à plus des 150 voire même à plus de 160. Les mollets brûlaient par engorgement d'acide lactique et nombreux furent mes arrêts pour récupérer. Pratiquement tous les coureurs de derrière me dépassèrent. J'étais très inquiet car je faisais de l'arythmie cardiaque. Même dans les portions de descente il m'était difficile de courir plus de 30 secondes.

L'arrivée fut à la fois un soulagement et une grande inquiétude car je ne savais pas si cette crise allait cesser d'ici le lendemain matin.

La soirée fut difficile psychologiquement car je me faisait des films dont beaucoup avaient un scénario catastrophe. La nuit aussi fut agitée.

28 avril 2025

Au réveil, l'arythmie était encore présente et je décidai de me préparer et de faire le début de l'étape, jusqu'à un éventuel abandon si la crise persistait et m'handicapait de trop. Le départ fut laborieux, je mis une bonne centaine de mètres avant de courir, mais dans cette petite descente d'1km je n'avais pas de bonnes sensations. J'y alternai marche et course et me retrouvai bon dernier. La montée au col qui suivait me vit faire la jonction avec mes devanciers qui s'étaient mis à marcher. J'avais du mal à les suivre car en marchant le cœur battait quand même à plus de 150.

Au km 5 je consultai mon cardio et vis qu'il avait baissé. Je pris mon pouls à la carotide et constatai que les battements étaient redevenus réguliers. Je restai néanmoins prudent ralliant le col en alternant marche et course ne faisant plus dépasser les 130 battements par minute.

Au col, le profil s'inversa et j'entrepris de descendre en courant tout en restant attentif à mon rythme cardiaque. Je courais entre 9,5 et 10km/h et la fc ne dépassait pas les 126. J'étais rassuré et pouvais envisager d'arriver à boucler cette étape, le tout dans un temps pas trop élevé, par rapport à mes prédictions de début d'étape.

J'eus quelques difficultés physiques à partir du marathon, le manque de bornes de ces derniers mois se faisant fortement ressentir.

Je franchis la ligne d'arrivée en étant content de laisser cet épisode d'arythmie derrière moi.

Aujourd'hui c'est la 3ème étape. J'espère retrouver un peu plus de sensations positives.

À+ pour la suite.

29 avril 2025

3ème étape de la TransEspaña, de Ayerbe à Casterón de Valderasa, 51,1km.

Le départ fut donné à 7h30 pour la vingtaine de coureurs et coureuses de la TransEspaña et de la ViAragon.

Il faisait frais mais c'était agréable. Je me retrouvai vite dans le quintette de tête et j'avais de bonnes sensations, alors j'ai poursuivi sur ma lancée mais prudence oblige je laissai s'échapper mes 4 compagnons. Un œil sur le cardio, l'autre sur la chaussée au revêtement assez grossier, les km défilaient et mon rythme cardiaque se stabilisait autour de 115 pour une allure de 9,5km. J'avais prévu de m'hydrater en marchant tous les 3km et je me suis tenu à cette discipline jusqu'au R1. Les 4 de devant n'étant plus visibles qu'au gré de longues lignes droites, je me fis rattraper par Nina et Béat à ce ravitaillement. Mais comme j'en suis reparti quand ils y arrivèrent, je creusai un peu plus l'écart. Jusqu'au R2, même rituel et là je rattrapai Kay, un coureur Allemand rencontré lors de mes 2 dernières Deutschlandlauf. On s'apprécie mutuellement et un grand respect réciproque existe vraiment. Il répartit avant moi mais je fis la jonction quelques km plus loin. Au R3, nous nous étions fait doubler par la tête de course et quand nous repartîmes, je me détachai progressivement. Mon allure avait bien chuté mais j'avançais efficacement, les portions de 3km entre deux hydratations ne me paraissaient pas trop longues, et à la faveur de la montée qui se profilait, je les prévoyais tous les 2km.

La descente fut moins facile qu'envisagée car le revêtement n'était pas propice pour dérouler : la peur de la chute ! Je rattrapai Gérard Habasque avec qui je terminai l'étape, en 7ème position (ex-aequo).

Ce fut une belle étape pour moi, malgré les 10 minutes de plus que l'an dernier et les 25 minutes de plus que lors de ma 1ère TransEspaña.

À bientôt pour un nouveau CR.

30 avril 2025

Cette 4ème étape, longue de 61,3km avant l'enchaînement des 2 de 75,6 et 75,7 du début mai, s'est relativement bien déroulée.

Nous sommes partis à 6h30, laissant à quai Christian Fatton qui s'était vidé de son énergie depuis 2 jours et qui était trop fatigué pour ne serait-ce que prendre le départ.

Une fois de plus c'est avec le cœur gros que j'entamai cette journée sur la route.

Je me calais en 4ème position et deroulais sur cette partie roulante en faux plat descendant. Il faisait frais comme il faut, limite trop chaud avec nos chasubles fluorescentes. Le vent nous maintenait à une certaine fraîcheur et nous poussait vers le sud-ouest. Je me livrai à mes rituels d'hydratation et de récupération ce qui m'amena au R1, au km 14,7, à 9,2km/h de moyenne. Je restai au ravitaillement un peu plus longtemps, pour déposer mes lampes et chasuble et pour refaire le plein.

Je repris la route, direction le R2 positionné à 17km du 1er. Ça me paraissait un peu loin, il fallait gérer le stock d'eau : 2 bouteilles de 33cl et une flasque molle et nullissime (marque energetics) que je mis du temps comme les trois premiers jours à revisser. Je ne sais quel est le bougre de cornichon qui a fait fabriquer ça, mais j'espère qu'il a changé de boulot. Du coup, des coureurs m'ont rattrapé, mais je les ai vite lâchés sauf Christian Fouillet qui de sa foulée légère et économique me distança et s'envola vers la tête de notre groupe.

Au R2, je remis les niveaux de liquide à jour et repartis, accompagné de Kay avec qui j'allais finir l'étape. On a piqué quelques bosses de rire, mais ça a contribué à rendre cette journée moins monotone et moins laborieuse.

JB nous a tenu compagnie les 25/30 premiers km mais notre allure a fini par le faire ralentir. Avec Kay, on termine en 7h40, 9èmes ex-aequo, suivis de peu par Nina et Gérard.

Demain, grosse étape avec du dénivelé, mais nuitée à l'hôtel ce qui va être appréciable suite aux deux douches froides de cet après-midi et d'hier.

À demain.

1er mai 2025

5ème étape de la TransEspaña.

75,6km et plus de1100m de D+.

Il avait été annoncé de la pluie pour la journée, mais nous n'en avons pas eu, au contraire le temps fut très beau, voire parfois un peu chaud.

Le départ fut donné de nuit et les frontales et lumières rouges étaient de sortie pour la 1ère heure de course.

J'étais dans le groupe de tête, groupe qui s'est étiré pour ne plus faire que des individus solitaires avançant sur les routes encore peu fréquentées. Au fil du lever du jour nous avons pu voir les bas côtés où poussaient diverses variétés de plantes, notamment les coquelicots.

Nous avons eu du dénivelé après 7km de mise en train et je gérai en n'hésitant pas à alterner marche et course. Aux postes de ravitaillement je rechargeais mes bouteilles et mangeais surtout des fruits et des chips car le reste ne me convient pas. Une demie banane pour la route et je repartais pour la suite. C'était mon rituel même si au niveau des boissons il n'y avait pas de sirop. Alors je me contentais de mes pâtes de fruits et de mes gels énergétiques.

J'ai bien tourné jusque vers le 50ème km puis la fatigue et les rayons du soleil qui frappaient fort eurent raison de mon tempo et je finis la course en mode "nez dans le guidon" accompagné sur la fin des Allemands Kay et Holger avec qui je franchis l'arche d'arrivée.

J'ai mis 3' de moins que l'an passé, mais 27' que lors de ma 1ère TransEspagne.

Demain même longueur d'étape avec autant de dénivelé, mais réparti différemment. J'espère que ça va bien se passer et que la pluie ne viendra pas s'inviter (c'est ce qui est prévu).

À demain pour de nouvelles aventures.

2 mai 2025

6ème étape de la TransEspaña : Calatayud-Molina de Aragón. 76,2km et D+ de 1300m à mon GPS.

Fraîcheur relative au départ (14°), la sortie de l'agglomération nous a vite réchauffés sur une route qui s'est mise à grimper. Je n'ai pas cherché à rester au contact des deux coureurs partis plus vite et je me contentais de suivre de loin.

J'ai décidé de pratiquer l'alternance course-marche dans les montées et de courir quand le profil redevenait plat ou descendant.

Toujours le rituel des 3km pour m'hydrater, j'avais l'impression de bien avancer mais après 1h de course je n'avais fait que 8,1km.

Ce fut comme cela toute la journée, une certaine lenteur qui me semblait pourtant une allure "plus rapide".

Les paysages étaient beaux dans la 1ère moitié de l'étape, j'avais le temps de les regarder.

Je me fis dépasser par trrois autres coureurs partis en même temps que moi et je ne cherchai pas à les accrocher : "Eh ! Il est où le Fab d'avant, celui qui contrait les attaques des copains ?" Pas là en tout cas.

La suite ne fut plus aussi tranquille, les reliefs venant saper ma volonté de continuer de courir en aisance respiratoire et musculaire.

Je rattrapai Gérard Habasque qui était devant et nous nous livrâmes à une belle partie de yoyo ou d'accordéon, style "Cours après moi que je t'attrape ".

Nous avions aperçu au loin le ciel noir d'où perçaient quelques éclairs en espérant ne pas avoir à nous prendre la pluie. Le tonnerre grondait, nous reçûmes une belle averse mais heureusement elle ne dura qu'un quart d'heure et nos poncho ou veste de pluie nous protégèrent jusqu'à la fin de ce court épisode orageux.

Il ne restait que 2km avant d'arriver.

Nous avons franchi la ligne en 10ème position avec Gérard.

Demain, étape moins longue mais tout aussi vallonnée.

A+

3 mai 2025

CR étape 7.

Nous avons quitté Molina de Aragón sous la fraîcheur de fin de nuit et nous sommes tout suite entrés dans le vif du sujet parce qu'il fallait monter pendant plus d'un km et que suivirent une série de montagnes russes. Sur les hauteurs nous étions au-dessus de la brume et quand nous nous retrouvions en bas nous avions transpercé ce manteau nuageux. Mais il ne faisait pas froid pour autant.

Je gérai comme ces derniers temps et les montées ainsi n'étaient pas trop pénibles. De notre groupe, 3 coureurs s'étaient extirpés rapidement et je voguais seul entre eux et ceux de derrière.

Le soleil s'est levé mais ne réchauffait pas l'air ambiant pour autant. Dans la vallée menant à la 1ère difficulté du jour, se trouvait le ravitaillement 1 où je me fis rejoindre par Christian Fouillet, comme l'an dernier. Au km 16 une forte montée se présenta et je me fis violence pour maintenir mon alternance course marche car l'envie de marcher devenait plus pressante. Il n'y eut pas beaucoup de parties planes et après avoir négocié une forte descente puis une non moins forte montée et encore une nouvelle descente pentue, je commençai à ressentir une petite gêne à mon genou droit (celui qui a de l'arthrose) et je dus modifier quelque peu ma foulée pour ne pas perdre en allure. À moins de 2km du ravitaillement 2, Christian était revenu à ma hauteur et quelques hectomètres plus loin il plaça un démarrage pour me prendre plus de 3 minutes en 1500m.

Je le vis repartir du R2 (km30) alors que je n'y étais pas encore arrivé. Gwen Quéant est arrivé en tête de la ViAragon et est vite reparti car il souhaitait gagner l'étape. Annie le suivait à moins de 2 minutes et ne s'est pas éternisée non plus. Je profitais de cet arrêt pour me mettre de la crème solaire et pour remplir mes bouteilles je n'avais pas faim et pris une banane pour plus tard. Là, je savais qu'il restait encore 26km et que la partie la plus ardue du jour se présentait On allait atteindre 1400m, le second point le plus haut de la TransEspaña après le col du Somport, par une longue montée assez forte au début puis dont le pourcentage s'atténuait un moment avant de reprendre un taux relativement important. Le paysage était digne de celui d'une carte postale et j'avais le temps de le contempler ce que je n'avais pu faire lors des descentes raides.

J'atteignis le col et le ravitaillement 3 en m'étant fait dépasser tour à tour par les premiers de notre groupe TransEspaña et par Rémi. Nina aussi me reprit et je la laissai partir, ne pouvant pas aller à son allure.

La descente fut un peu douloureuse car comme depuis le début de l'étape le revêtement était grossier et je devais faire attention. Le dernier ravitaillement à 9km du but marquait le début du canyon assez fréquenté en ce samedi. Ce fut laborieux mais je finis quand même par arriver, en mettant moins de temps que l'an dernier.

Ce soir on a fêté les 3 premiers du général de la ViAragon (3 arrivants sur 10 au départ de Urdos), Gwen ayant réussi son challenge en gagnant l'étape.

Demain, ils rentrent en France, nous, nous avons 11 autres étapes à faire avant Malaga.

4 mai 2025

8ème étape, 68km dont 10 de chemins.

La météo annonçait de la pluie, mais quand nous avons quitté l'hôtel le temps était sec, certes couvert mais pas de pluie à l'horizon. En fait d'horizon, comme nous étions dans un canyon il se limitait aux parois rocheuses à moins de se faire un torticolis à essayer de regarder vers le haut.

Faisant partie du 1er groupe, je me retrouvai dans le groupe de tête dont se détacha rapidement Luc Valzer que je ne pouvais ni ne voulais suivre dans cette première montée de quelques km. Gérard Habasque passa lui aussi devant moi, mais comme nous l'avions déjà fait la veille, une nouvelle partie de yoyo débutait.

La température était bonne, nous n'avions pas trop chaud. Les bosses se succédèrent jusqu'à un peu avant le 30ème km puis le relief fut plus Clément avec nous.

Le canyon laissa sa place à un autre joli paysage et on voyait bien au loin le ciel qui était bien gris. La route n'était pas beaucoup fréquentée et j'avançais de manière assez régulière, jusqu'au ravitaillement n°3 où j'avais prévu de changer de chaussures pour enfiler celles de trail. Il faut préciser que je ne suis pas à l'aise sur ces terrains caillouteux et boueux et qu'à 25km de l'arrivée on allait en emprunter pour 10 bornes en plusieurs tronçons de 500m à plus de 4km.

Bien m'en a pris car au km 45 on quitta la route pour un raccourci vallonné passant sur une colline et dont le revêtement était très collant, en plus d'être rouge. J'avais l'impression que chacune de mes chaussures pesait plus d'1kg. Pour retrouver le second tronçon, il y avait plus de 7km où mes chaussures me génaient car sur le bitume elles possèdent un amorti moindre. Et comme il s'était mis à pleuvoir, avec comme seule protection mon poncho, la partie n'était pas facile à négocier.

Par contre quand on atteignit les deux longues portions de chemin, je n'ai plus regretté mon choix, d'autant que la pluie revint et deux fois plus forte.

Mes chaussures m'ont avantagé par rapport à ceux restés en "routes" et je pouvais courir sur les pierres et dans les flaques sans douleurs. Je conservai un bon petit rythme me permettant d'atteindre mon objectif du matin, mettre moins de 9h.

Cet après-midi ce fut lavage et séchage du linge et des chaussures, pas facile car nous sommes en auberge de jeunesse et à 9 dans la chambre avec des lits superposés on a du mal à s'étaler.

Demain, 10km de moins, soit 58 mais avec un dénivelé de beaucoup supérieur à celui d'aujourd'hui.

A+

5 mai 2025

9ème étape de la TransEspaña, celle où on a couru la moitié de la distance entre Urdos et Malaga.

58,5km au programme avec 1000m de D+ (à mon GPS), et j'ai terminé à la 7ème place, premier de mon groupe des "6h30". Bien sûr, l'ultime récompense si l'on peut dire c'est que j'ai gagné une heure de sommeil en plus car demain je partirai à 7h30. Mais les inconvénients sont qu'en cas de soleil, je le subirai une heure de plus et qu'en fin d'après midi j'arriverai une heure plus tard quitte à ne pas avoir beaucoup de temps pour me doucher, laver mon linge, me reposer.

Bref, on verra demain.

En ce qui concerne l'étape du jour, je suis parti en tête et rapidement j'ai creusé un écart que seul Luc Valzer limitait malgré une alerte à un de ses releveurs. Une série de montées et descentes s'est présentée, avec parfois de bon pourcentages, mais je réussis à bien les négocier en faisant attention à ne pas me faire mal et à ne pas monter en cardio. 107 de moyenne avec un maxi à 126, c'est dire que je n'ai pas poussé la machine, mais honnêtement, en aurais-je été capable ?

Je n'ai pas été joueur aujourd'hui et, refroidi par la météo de la veille, j'optai pour la veste de pluie que j'ai quasiment gardée toute la journée.

Je ne me suis fait doubler que par les 4 premiers du général (avec qui j'aurai l'honneur de démarrer l'étape de demain), et Luc, un moment au contact (visuel), dut ralentir plus par prudence que par manque de vitesse.

Au km 49, juste après le ravitaillement, on a coupé par un village et suivi un chemin de terre avec un fort pourcentage puis une petite route tranquille, avant de retourner sur la route principale. Il restait moins de 5km, mais ça donnait une idée de ce qui nous attend demain.

Zsuzsanna Maraz livre son impression sur notre enchaînement d’étapes. Si vrai et rendant si attractif ce format de course, une nouvelle réponse à la sempiternelle question : Pourquoi cours-tu ?

« Être sur la route a un sentiment étrange, il y a tout le temps de méditer. Je pensais à la façon dont nous tenons pour acquis qu'une grande partie de notre vie se déroule dans un endroit que nous appelons : la maison. Nous avons une ville, une maison, un appartement. Nous avons une chambre et un lit qui nous attendent chaque soir. C'est toujours le même lit, le nôtre, dans lequel personne d'autre que nous dort. Si on est sur la route, on n'a pas son propre lit. Le lit que j'ai sorti de l'hôtel ce matin, l'a quitté pour de bon et d'ici le soir, ce sera pour quelqu'un d'autre et un lit complètement différent sera à moi, ce dont je ne sais encore rien. Pendant la course, je me dis souvent quand j'arrive à la prochaine gare, quel type d'hébergement m'attend, salle de sport, dortoir ou auberge de jeunesse ? Est-ce que je pourrai prendre un bain convenable, est-ce que je pourrai me reposer correctement ? Parfois, cette incertitude peut être effrayante, mais nous ici à TransEspana sommes tous sur le point de quitter le confort et la sécurité de la maison et de la remplacer par quelque chose d'inconfortable et de très difficile. Si je regarde autour de moi les participants - mais au Spartathlon ou à l'événement des Six Jours, j'ai vu ça aussi - je vois quelque chose de commun dans leurs visages, c'est que tout le monde cherche quelque chose dans ce voyage, comme s'il y avait une grande vérité cachée sur le , qui ne sera à nous que si nous la laissons derrière nous à chaque pas, et à chaque pas, nous nous rapprochons de quelque chose. Je ne sais pas ce qu'est cette vérité secrète, et si une telle contemplation peut en être plus proche, ou toute contemplation est inutile, et le résultat final est qu'il faut laisser le passé et l'avenir derrière lui et être ici autant que possible dans le présent, à Cette étape du voyage où nous sommes ? Moi en ce moment sur cette route de terre. Il pleut, j'ai mal aux genoux, l'air est merveilleux et frais. Tout va très bien. »

6 mai 2025

Cette 10ème étape m'effrayait un peu ce matin au départ car j'allais devoir cheminer seul quasiment toute la journée pendant les 69,2km.

Il faisait assez frais à 7h30, ainsi j'enfilai ma veste orange pluie-vent et je mis aussi mes gants.

Le départ ne fut pas aussi rapide pour ce groupe des "plus rapides" dans lequel j'avais été inclus au vu de mon étape d'hier (cherchez l'erreur) et je fus surpris de rester au contact, visuel bien sûr, de l'ensemble dont les 3 premiers étaient détachés mais groupés et les 3 autres à leur suite.

Il faut préciser que les lignes droites en descente aident bien à voir.

Ils sont devenus de plus en plus petits au fil des minutes et dès que le premier virage est arrivé, je ne les ai plus vus. Seuls Nina et Kay parfois réapparaissaient quand un nouveau "bout droit" se présentait.

Au premier ravitaillement j'étais à 8,7 de moyenne et tout le monde y était déjà passé. Je jetais un coup d'œil à la fiche de pointage pour constater que parmi ceux qui étaient partis 1h avant seuls 2 avaient de l'avance sur moi.

J'en repartis un peu allégé mentalement et je repris mon rythme et mes rituels dans les côtes quand au gré d'une courbe j'aperçus un coureur. Qui cela pouvait bien être ? À la silhouette, je ne savais toujours pas quand soudain je reconnus Peter, le leader de la course, qui marchait. J'arrivai à sa hauteur et m'enquis de sa situation. Il était à son tour touché par les problèmes gastriques qui avaient conduits certains coureurs à l'abandon. Je l'encourageai comme il me l'avait fait chaque fois qu'il m'avait rattrapé lors des étapes précédentes.

Au ravitaillement n°2, j'appris qu'il avait renoncé à poursuivre la course.

2 non partants ce matin (blessures) et un abandon (gastro), la journée devenait périlleuse.

Au sortir du ravitaillement, un tronçon très difficile se présenta, une montée à très fort pourcentage d'abord sur route puis dans un chemin caillouteux dont certains trous avaient été comblés mais pas tassés par des bouts de vaisselle et autres gravats. Une fois en haut, il fallut redescendre par le même genre de chemin et je préférai alors marcher. Christian Fatton à bicyclette m'accompagna un moment, mais c'était difficile de discuter à cause des ornières et des éventuels pièges.

J'ai retrouvé la route qui n'était pas dans un état permettant de se lâcher dans les descentes et ce revêtement très grossier me génait considérablement me faisant peur de chuter par endroits. Il fallait rester vigilant.

Par la suite ça s'est amélioré et je me suis décontracté mentalement en mettant ma musique. Du coup, j'en profitait pour admirer le défilé des paysages, tantôt des champs de seigle ou d'orge, tantôt des plantations d'arbustes (amandiers) et de pieds de vigne. Les bas côtés étaient souvent très beaux, on aurait dit qu'on passait devant l'étal (très long l'étal) d'un fleuriste : coquelicots, fleurs jaunes, fleurs violettes, chardons et tout un tas d'autres espèces à en faire saliver un botaniste.

Enfin, de cette façon, mon étape m'a semblé passer plus vite.

Les 25 derniers km furent moins intéressants car sur une route à grande circulation et avec une alternance de portions nuageuses agréables et d'autres ensoleillées un peu moins agréables.

Lors de mon périple, je n'ai dépassé que 4 coureuses et coureurs (en plus de Peter Toldi).

J'avais depuis un moment la certitude de ne pas me faire reprendre de temps sauf par Markus qui avait eu de grosses difficultés hier et qui aujourd'hui avait retrouvé tout son allant.

À l'arrivée, après presque 8h45 de course, je constatai que la journée s'était mieux passée que ce qui m'avait effrayé ce matin.

Demain, encore plus de 64km sur du plat avec des lignes droites de 10km par endroits. Boring day ? We will see ! Je repars (normalement) avec les rapides à 7h30.

À demain.

7 mai 2025

11ème étape de la TransEspaña. 63,5km au menu sur un parcours tout plat jusqu'au 38ème km et même à partir de là, on ne peut pas dire que le relief était très prononcé.

Il faisait frais au départ et je mis mon coupe-vent, m'en débarrassant au R1. Il y avait un peu de vent sur cette longue ligne droite où l'on pouvait voir jusqu'à plusieurs km. Mes coéquipiers du second départ sont partis vite, sauf Pierre-Henri encore malade et qui est resté derrière. Les coureurs de devant ont vite été hors de vue et je me retrouvai seul, accompagné parfois de Hervé qui avait pris la trottinette ce matin. C'était monotone, il y avait un peu de circulation, et je dus mettre de la musique pour m'aider à faire passer le temps. Je n'arrivais pas à rester à 9km/h et vite mon allure est passée sous les 8,5. Au gré des arrêts techniques et des pauses marchées je dépassai tout juste les 8 à l'heure au R1. Idem au R2.

Quelques giratoires, ponts et autres échangeurs ont cassé mon rythme et après une portion de chemin, ma moyenne est tombée à 7,8.

Jusqu'au R3, sur une route au bas-côté étroit, j'ai croisé beaucoup de cyclistes et après ce ravitaillement la route est redevenue plus large. Vallonnée aussi ce qui ne me dérangeait pas plus que cela.

J'ai rattrapé Mimi après 5h de course, 5h sans voir le moindre coureur ! Sauf Hervé. Ensuite j'ai vu Jos, Christian Fouillet et Delphine avec qui j'ai bavardé quelques instants avant de poursuivre ma route.

La fin d'étape nous fit traverser La Solana pendant près de 3km où se situait la flamme d'arrivée.

Bien content d'en avoir terminé.

À+ Fab

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8 mai 2025

12ème étape terminée, 2/3 de la TransEspaña de faits, toujours pas de beau temps chaud en vue.

Pour les conditions de course, c'est bien, on supporte la veste le matin et on s'épluche timidement en milieu de matinée et on ose le t-shirt à partir de midi. Mais je garde mes manchons pour me protéger du soleil et le poncho est dans le coffre au cas où.

Aujourd'hui nous avons commencé par une longue route droite sans large bas-côté et comme je faisais partie des lève-tôt, je pris la tête du groupe.

J'ai été jusqu'à 8,8 de moyenne pendant presque une heure avant de faire tomber l'allure suite aux épisodes d'hydratation ou de marche.

Nous apercevions la ville de loin et sa traversée en montée avant de trouver le R1 avait brisé mon allant.

Pour rejoindre le R2, encore 14km à faire mais la route est devenue plus sinueuse et légèrement vallonnée.

On a peu à peu quitté les plantations d'amandiers et de vignes pour nous retrouver dans des paysages où les oliviers prédominent. C'est le début de quelques longues journées parmi ces plantations.

Je me fis dépasser par Pierre-Henri au gré d'un arrêt technique et je dus m'escrimer avant de retrouver une certaine aisance de course.

Au R2 je pris du temps, beaucoup pour me préparer aux 14 autres km vers le R3. La route se transforma en chemin vallonné le long de l'autoroute puis au travers d'oliveraies. La nouvelle voie rejointe au sortir de ce chemin fut une longue route vallonnée sans beaucoup de place pour avancer lors du croisement avec des véhicules. Le vent s'en mêla et ce fut un bon morceau de bravoure que cette portion. Au R4, il restait à peine 8km et les jambes retrouvèrent un peu de peps.

Je doutai fortement à l'amorce de la ville d'arrivée, n'ayant pas compris le briefing du matin je m'étonnai de voir mon GPS m'indiquer fausse route et je suivis néanmoins le fléchage, heureusement.

Je finis en 7h29'55" pour ces 58,x km.

Ce soir hébergement dans une salle des fêtes ou un truc comme ça, en face de la mairie.

A+ Fab

9 mai 2025

TransEspaña, étape 13, celle où l'on quitte la Castilla Mancha, pays de Don Quichotte, pour entrer en Andalousie.

Départ commun à 8h pour 48km.

Il n'a pas fallu attendre longtemps pour voir les rapides prendre les devants et s'éloigner peu à peu, inexorablement.

Je trouvai mon rythme rapidement et je fus quelque temps accompagné par Gérard Habasque. Le parcours était plus vallonné que ces derniers jours et je me plus à constater que je montais bien les côtes sans non plus exagérer l'effort. L'entrée en Andalousie au km 8 avait déjà fixé certaines positions :je savais que sauf pépin je ne reverrais les coureurs de devant qu'à l'arrivée et pour ceux qui étaient derrière je ne les aperçus plus malgré quelques pauses naturelles et autres moments de marche. Au R1 je ne m'éternisai pas et je filai enchaînant montées et descentes sans me mettre dans le rouge. Ma FC maximale sur l'étape sera de 127 pour une moyenne à 108, c'est dire qu'au niveau cardio ce fut du cool de chez cool, mais au niveau ressenti j'avoue que ça l'était un peu moins. Je me méfiais des descentes un peu fortes, mon arthrose me rappelant à l'ordre.

Au R2 je pris un peu de temps pour remettre de l'écran total et aussi me ravitailler et remplir mes bouteilles. Le soleil tapait, mais souvent les nuages apportaient leur lot de fraîcheur.

Les paysages, les vues panoramiques dans les virages, la végétation, les roches bordant la route, tout cela m'émerveillait. J'étais serein conscient de la chance que j'ai de pouvoir vivre ces instants.

En haut de l'avant dernière ascension, 1035m d'altitude, je savais qu'on allait avoir une quinzaine de km de descente, avec autant voire plus de lacets que lors de la montée.

Au dernier ravitaillement il restait 10km dont 4 de belle remontée vers la ville d'arrivée. Je la gravis en courant la plupart du temps et je franchis la ligne en 5h55' ce qui me convient.

Demain, 63km. Départ 6h30.

À + Fab

Un autre point de vue, celui de Christian Fatton, un coureur très chevronné qui a dû abandonner sur blessure et état de fatigue très prononcé. Il nous accompagne à vélo.

13e étape de la TransEspana de 1080 km en 18 jours, 48.5 km de Castellar de Santiago à Santa Elena, 820 m D+, 906 m D-, env. 12 degrés au départ de 8 h pour tous.

Gil, l’organisateur, tient à saluer les 4 femmes de la TransEspana qui sont toujours en course, zéro abandon de femmes sur la course TransEspana. Bravo, toujours du cent %.

Malheureusement Christian Fouillet renonce à partir. Trop de douleurs aux pieds, très gonflés, trop, qui font mal tout le tour d’avoir trop marché ces derniers jours.

Jean-Michel Frémery a recouru jusqu’au R1 avec Jean-Benoît Jaouen qui balise, mais le mal de ventre est encore trop fort et il va s’arrêter là.

Petite étape aujourd’hui vu que la moyenne est de 60 km. 3 bosses à passer assez roulantes. Je ne pars pas rapidement pour me réchauffer vu qu’il fait plus chaud que les jours précédents.

C’est un faux plat montant où la pente s’accentue au fur et à mesure. Après 8.25 km, nous quittons La Castille-La Mancha pour rentrer en Andalousie au sommet du petit col. Une forêt de chênes verts assez clairsemée à nos côtés. Au col il y a l’entrée d’un parc naturel. Et aussi celle dune grande propriété privée avec un grand portail automatique. Une BMW s’y engouffre. Pas de maison à vue. La barrière grillagée de cette propriété est haute et dure plus de 7 km. De temps en temps un portail avec cadenas. Ce sont des prairies ou pâturages boisés de chênes ou de feuillus. Apposés sur la barrière, des panneaux « coto privado de caza « viennent régulièrement rappeler que c’est privé. La législation n’est pas celle de Suisse où les forêts et pâturages boisés, même privés, doivent demeurer ouverts au public. Au R1, un gros portail avec aussi la disposition d’une ouverture sur télécommande donne accès à une autre immense propriété, selon la barrière qui longeait et qui longera la route. On y voit un ensemble de maisons, collées les unes aux autres, de constructions récentes selon le style. Avec les couronnes métalliques du portail, je me suis demandé si ça pouvait être une propriété royale. Une sorte de lavande papillon, violette, orne par buissons les abords de la route, comme de très nombreux arbrisseaux de cistus ladanifer avec des points noirs sur les pétales, au centre de la fleur. Ils sont nouveaux dans le paysage de la TransEspana. Nous avons pu voir, par contre, des cistus à fleurs roses (cotonneux probablement) depuis notre entrée en Espagne. Aujourd’hui, nous montons jusqu’à 1035 m d’altitude et la végétation a changé. Nous avons vu quelques vergers en début de journée, des oliveraies où des céréales, principalement de l’avoine et quelques fois de l’orge ou alors un peu mélangé, ont été semées parmi les arbres. À se demander si les céréales sont récoltées ou juste utilisées comme engrais vert naturel après broyage sur pieds. Ou encore pour contrer l’érosion ou couvrir le sol afin d’éviter l’évaporation du sol. En fait, il s’agit d’un peu tout ça avec un broyage de printemps qui est laissé sur le sol et mélangé par la suite à la surface de la terre. L’avoine aide à fixer l’azote.

Avec la prise d’altitude, nous allons pouvoir admirer des fleurs que nous n’avons pas encore vue. Je crois identifier des pivoines sauvages, des campanules roses, des orchidées mauves roses, en fait beaucoup de fleurs de cette couleur.

Je découvre au milieu de la route un scarabée noir à corps de fourmis suivi d’une longue partie carapacée noire avec des lignes rouges. Il s’agit du berbéréolé Madjalis, selon une identification faite facilement sur le net. Je l’ai gentiment dirigé vers le bord de la chaussée.

Juste après le R1, c’est un blaireau fraîchement mort qui gisait au bord de la route. Quelqu’un l’avait poussé là apparemment d’après les traces de sang. Du sang non encore coagulé tachait l’asphalte grossier à 2 m du bord. Je l’ai pris en photo afin de lui rendre hommage et de lui dresser le portrait et de faire découvrir les griffes des pattes avant qui lui servent normalement pour creuser son terrier ou trouver sa nourriture. J’ai aussi poussé une couleuvre écrasée hors de la route pour sauver les grosses fourmis noires qui commençaient à la dévorer.

Tellement intéressante cette étape avec cette flore assez rare qui m’obligeait souvent à descendre du vélo, que tous ces arrêts ne me faisaient pas avancer bien vite. Du coup je n’ai vu Maurice qu’au 1er kilomètre, Zsuzsanna pareillement et Michael seulement sur les premiers 10 km. Ensuite, je suis souvent avec Kay, Nina, Pierre-Henri et Fabrice, et sur la descente du dernier col de 1035 m à 564 m d’altitude, je revois Markus.

J’ai profité du coup de refaire quelques photos de coureurs avec notamment un pont gigantesque d’autoroute.

J’espère ne pas trop vous bassiner avec les fleurs, les pierres et les arbres, aujourd’hui nous avons découvert les premiers chênes lièges parmi la forêt peuplée principalement de pins. À ce propos, un gros balai de sorcière pendait au bout d’une branche au R2 (photo) où je me ravitaille. Les pins sont en fleurs et au toucher ces fleurs se décomposent en poussière. Et attention aux nids de chenilles processionnaires qui apparaissent ici et là sur les pins. C’est affreusement urticant. Par douloureuse expérience vécue personnellement dans la Drôme.

Beaucoup de temps après l’arrivée vu la courte étape. J’en profite pour faire une lessive de mes habits portés à vélo. Le soleil tape bien contre la façade et aide à sécher le linge. Comme hier, la salle est propre et ça fait plaisir.

À demain

10 mai 2025

CR TransEspaña, étape 14.

Le départ de notre groupe des 6h30 fut donné dans l'obscurité mais l'éclairage public nous permettait de voir où nous mettions les pieds. Après 1500m, j'étais devant et entamai le chemin bosselé et caillouteux parallèle à l'autoroute. Le jour se levait et je pus voir de nombreux lapins fuir devant moi puis dans les champs je surpris plus d'une fois des taurillons qui partaient eux aussi au galop. Ces jeunes taureaux semblaient surpris par mon passage.

Au km 7 le chemin prit fin et je me retrouvai sur de l'asphalte pour atteindre une route importante tout en descente. Je fis remonter ma moyenne et pris une petite route étroite et tranquille menant au R1.

Je fus accueilli par Dédé et Odile ainsi que par un habitant du village qui m'encouragea.

Personne en vue derrière, je filai et rejoignis une route traversant de multiples champs d'oliviers. Le profil n'était pas très accidenté mais la route était en très mauvais état.

Au R2, Maurice Thépaux me rattrapa et on quitta le ravitaillement en même temps, il marcha quelques secondes et reprit la course comme je le fis aussi.

Nous allions arriver à Linarès, une ville importante du nord de la région, et nous dûmes prendre une voie verte parallèle à la route principale. La traversée fut longue mais se passa bien, il fallait juste rester vigilant.

La suite fut moins simple physiquement car l'enchaînement des giratoires et la course sur le bord d'une route où le trafic s'était amplifié empêchaient de relâcher la concentration. Que de détritus dans les fossés, au bord des oliveraies ! Mon regard fut soudain attiré par une paire de lunettes tombée dans le fossé peu profond. Je la ramassai, l'essayai et l'adoptai comme paire de loupes de secours. (Hé, Gwen Quéant, j'ai trouvé moins cher que chez Action).

Suzanna me dépassa, on se retrouva au R3 puis un long moment après ce fut Mickael Kiene et au dernier ravito Markus me rattrapa.

Nous franchîmes le rio Guadalquivir, presque à sec, une montée à 12% s'ensuivit où je fis un test celui de monter en courant jusqu'en haut. Test réussi, vérification de ma FC 137 bpm, et félicitations de Markus qui me rattrapa sur le plat. Il me lâcha dans la descente qui suivit et entama la dernière longue montée de la journée. Je le suivis à distance car, ayant marché pour boire et finir mon Mars, j'avais concédé une centaine de mètres. J'étais sur le point de le rattraper quand il passa au sommet et descendit plus vite que moi.

J'arrivai quelques minutes après lui, mais J'étais satisfait du test en côte.

Nous fûmes chaleureusement accueillis par la municipalité qui nous offrit une collation.

Comme hier, j'arrive avec mon maillot rouge de sang dans le dos. Je ne sais toujours pas l'origine de ce saignement, n'ayant pas remarqué de coupure ou griffure. Demain je remets le maillot du début de la TransEspaña. On verra.

À+ Fab

11 mai 2025

Étape 15 de la TransEspaña, 57km au menu et plus de 1400m de dénivelé positif. Bref, une étape de montagne.

Nous sommes partis à 6h30 avec mes 5 acolytes encore en course, plus Jos. Le jour pointait mais j'avais une lampe que j'allumais pour me signaler aux automobilistes. Après 2km, nous avons quitté cette grande route pour en trouver une plus calme mais aussi moins large. Les oliveraies de chaque côté de la route, le parcours aurait pu être monotone si ce n'était la succession de bosses et de creux que proposait notre itinéraire. Un peu avant Jaèn, pour éviter les giratoires et autres bretelles d'autoroute, au niveau du ravitaillement 1, nous prîmes un chemin parallèle, mais il devînt rapidement pénible car des grosses caillasses en recouvraient de longues portions. De plus, c'était bosselé et lorsque nous en sortîmes, ce fut pour en prendre un autre moins traumatisant pour les pieds et articulations. J'étais tout seul devant depuis le départ et je me repérais sans soucis, traversaant nombre de lotissements avec des propriétés hyperprotégées et peuplées plus de chiens que de résidents. C'est après cette partie sur des dalles de béton inégales que survint un des moments les moins agréables de la journée : traverser un champ d'oliviers par un chemin qui n'en était pas un où seul le fléchage sur les arbres permettait de s'y retrouver. De plus la montée était très forte et il fallait faire attention à ne pas déraper quand de petites bosses étaient sur notre passage. Une fois en haut, le relief s'adoucit relativement jusqu'au ravitaillement 2.

À partir de là on allait changer de domaine et passer en configuration montagneuse. Deux kilomètres à fort pourcentage ont annoncé la couleur puis ce fut une alternance de belles descentes et de non moins belles montées. Là, le paysage se laissait admirer, mais il fallait rester vigilant car en ce dimanche nombreux étaient les promeneurs en auto, moto, vélo ou en randonnée...

Le parcours nous amena vers un fond de vallée qui devint une sorte de canyon et nous prîmes un virage en épingle à cheveux où le pourcentage de la montée dépassait les 12%. Comme depuis le départ, j'essayai de courir le plus possible et de ne faire que de très courtes pauses à la marche. C'était efficace car les bornes défilaient.

Au R3, il restait 20km dont 13 en montée avec un dernier ravitaillement à 3km du sommet. Je finis l'ascension en ayant bien avancé et entamai la descente de plus de 6km. Ce fut assez difficile car je devais contrôler ma foulée pour ne pas risquer d'être emporté par mon élan ce qui titillait mes orteils qui ne demandaient qu'à sortir des chaussures et qui aussi me rappelait au bon souvenir de mon arthrose du genou. Je me fis dépasser par Suzanna, la coureuse Hongroise, en fin de descente et je réussis à ne pas me faire lâcher trop rapidement grâce à la petite remontée vers la route principale et dans le dernier km tout en montée.

Je suis content de mon étape, tout au moins d'avoir réussi à m'en sortir sans bobos, et de la façon dont je l'ai gérée.

Demain c'est plus court, 53km, mais tout aussi vallonné. Départ 7h.

À+ Fab

Nouveau point de vue de Christian Fatton.

15e étape de la TransEspana de 1080 km en 18 jours, 57.3 km de Torrequebradilla à Valdepenas de Jaen, 1595 m D+, 992 m D-. Env. 12 degrés au départ de 7:30.

Comme ça va rapidement monter, je vais aussi rapidement enlever une couche d’habits.

Maurice fait rapidement le trou sur ses 6 autres compagnons du départ de 7:30.

Je crois qu’il n’aime ni qu’on lui suce la roue ni sentir un souffle chaud sur sa nuque, ni de devoir papoter. Avec lui même, il s’entend à merveille même que sa foulée aérienne et silencieuse ne fasse quasiment aucun bruit. Chapeau Maurice!!!

Derrière ça change toujours un peu, mais Zsuzsanna qui part prudemment rattrape toujours les 2-3 coureurs qui s’élancent le matin un peu plus vite qu’elle. (J’ai pas répété rapidement, vous avez noté?)

Je plaisante je plaisante mais eux ne rigolent pas trop, Kay est un précoce pour mettre les gaz, Michael ce matin aussi, puis Markus et Zsuzsanna et Pierre-Henri légèrement devant Nina. Mais… ça va changer après 2 km environ et on retrouve Michael suivi de Zsuzsanna et ça va changer encore une fois entre les deux qui inversent leur position et ça reste ainsi jusqu’à l’arrivée. Kay va se faire rattraper par Markus car dans une montée à travers un verger d’oliviers, dans une pente bien raide, alors que je suis là entre les deux à pousser le vélo, je vois Kay partir un peu sur la droite. Puis je le perd de vue et ne cherche pas à savoir où il est, pensant qu’il cherche un coin wc. Je signale par contre à Markus qui m’a rattrapé que la trace est plus basse que où il se trouve. Je pense revoir Kay mais en retrouvant la route, eh bien non. Je me dis qu’il doit être un peu plus loin et qu’il a remis les gaz à fond. Comme je discute aussi avec un marcheur espagnol, pour savoir à quelle altitude sont les montagnes, je perd encore du temps et je me dis que Kay est devant… mais à la faveur d’une descente, où après cela j’aurais vraiment dû le retrouver, je me dis qu’il s’est alors trompé de chemin. Et il va me confirmer cela à l’arrivée. Il est monté beaucoup trop haut dans le verger.

Après cette descente précitée, je reviens sur Luc, toujours prudent en descente à cause de ses releveurs enflammés qui peuvent être douloureux. En début de ville, quelques 3 bons km plus tôt, j’avais revu une 2e fois Mimi, déjà rattrapée avant le R1 de son mari Bernard. C’est là que je verrai pour la dernière fois du jour Maurice. Entre le R1 et R2, un bout de chemin très raide théoriquement carrossable mais avec les très grosses pierres qui roulent sous les roues et spécialement à l’arrière, en manque d’adhérence, je dois mettre pied à terre et pousser. Comme un peu plus loin dans le verger d’oliviers. Ça m’arrivera encore dans le col suivant sur une partie non asphaltée qui est aussi bien raide et avec beaucoup de pierres qui empêchent toujours d’avoir une adhérence suffisante. Et impossible de repartir sur le vélo, c’est trop raide et avec trop de cailloux. Je devrai pousser la bécane une centaine de mètres. Nous avons eu aussi une descente à bien 20-25% sur une centaine de mètres, en fait elle était toujours plus pentue.

Avant le R2 d’Odile et Dédé, après être revenu sur Luc, c’est Jos puis Delphine que je rattrape. Puis de nouveau Michael et encore Zsuzsanna peu avant le ravito.

Je fais le plein, j’ai une petite faim et nous devons ensuite passer un col à 1300 m semble-t-il. Nous avons donc un dénivelé de 1000 m qui nous attend.

Zsuzsanna et Michael repartent avant moi, je vois arriver Delphine et Jos qui repart illico et sauf erreur sur une mauvaise direction car je ne l’ai pas revu en partant quelques minutes après lui. Tout content de pouvoir repartir devant Delphine, il s’est à mon avis stressé et il n’a pas suivi les flèches au sol et s’est trompé. La montée qui suit finit de me convaincre d’enlever encore mon kway. J’ai déjà retiré mes manchons et mon bonnet au R1, ainsi que le buff comme tour de cou. Mon collant long est bien assez chaud avec le soleil aujourd’hui présent et avec les forts pourcentages de la route. Ça monte bien à 10 -12% car ce n’est pas toujours régulier. Il y a des coups de cul à passer en étant concentré à presser sur les pédales. Je reviens du reste sur Michael et Zsuzsanna qui marchent sur certains tronçons droit en haut dans la pente, et de passer un petit col. Puis un tour de fond de vallon fait un peu redescendre la route avant de remonter pour en ressortir et repasser un petit col à nouveau. Des parois rocheuses sont spectaculaires et au fond, une gorge étroite. Sur les pentes, de notre côté et où ce n’est pas trop pentu, des oliviers toujours et encore comme depuis ce matin et à perte de vue, toujours et toujours. Mais des montagnes sont présentes et ferment l’horizon sur une partie de notre vue. Des montagnes qui doivent avoisiner les 1600-1700 m, peut-être davantage. Après ces 2 petits cols c’est plus facile, même si ce n’est jamais plat. Ça monte et ça descend. Je trouve une bûche d’olivier que je ramène au R3 de Nicole et Gérard. Un bout de branche taillée oubliée ou perdue au bord de la route. Comme je n’ai pas encore eu l’occasion de travailler avec le bois d’olivier qui ne pousse pas dans mon canton de Neuchâtel, cela me laisse une belle opportunité de combler cette lacune. Ça va bien ralourdir mon bagage. Surtout que je ramasse une rondelle de taille encore à quelques km avant l’arrivée. Fabrice me dépasse à ce moment là dans la descente du dernier col qui culminait à 1258 m. Je l’avais déjà rattrapé quelques km avant, tout comme Thomas et Jean-Michel mais Fabrice repart avant moi du dernier ravitaillement où je discute un peu avec JB et Attila, et je vois passer d’abord Zsuzsanna puis Michael et je repars au moment où Jean-Michel arrive. J’ai aussi retrouvé Hervé qui était parti du R1 ce matin, et qui a bien grimpé jusque là. Au col je m’habille, prend une photo d’une montagne classée monument national, discute 2 mots avec Michael qui me revient dessus après l’avoir dépassé peu auparavant. Dans la descente je rattrape rapidement Zsuzsanna et Fabrice qui ne réussira pas à résister au retour de Zsuzsanna qui finit devant lui et abonnée à sa 2e place, toujours derrière Maurice, vainqueur d’étape depuis l’abandon de Peter.

Une bien belle étape, très exigeante avec quasi 1600 m de dénivelé positif mais surtout avec beaucoup de tronçons bien pentus et quelques passages bien raides sur chemin très caillouteux. À ce propos, je me suis tordu la cheville droite en voulant me relancer après avoir poussé le vélo, je croyais avoir un bon appui mais non, mon pied s’est tordu car j’étais sur un caillou qui a tourné et ma cheville avec.

Pour le dernier km, il y a quasi 100 m de dénivelé et avec plusieurs bouts bien raide où il faut vraiment s’appliquer pour grimper ça à vélo.

Les deux salades du jour sont délicieuses comme souvent mais mention particulière pour celle à la betterave rouge.

Prise de la place dans la salle, avec accès soit à une chaise ou un banc ou une petite table comme hier, afin d’avoir à quoi se tenir pour se relever une fois couché. Douche, lavage d’habits, repos. Écriture du compte rendu du jour étant étendu, ajout des photos, boisson minéralisée pour aider à la récupération, petite lecture des nouvelles, quelques contacts WhatsApp avec la famille ou des amis et l’heure du souper arrive. Après avoir mangé, ça ne traîne pas trop pour se préparer à dormir, encore un peu de lecture sur le portable et vers 21 h, beaucoup s’endorment.

Voilà une journée de course à étapes.

A demain

12 mai 2025

Antépénultième étape aujourd'hui, avec 53,3km de prévus et plus de 1100m de dénivelé positif.

Le départ dans la fraîcheur directement en descente dans la ville qui nous avait hébergés fut prudent car la pente de forte allait devenir sérieuse. On aurait dit des slalomeurs avec nos trajectoires en zigzag. Le plat revint une fois la ville quittée, puis une nouvelle descente pas méchante précédait une bonne grosse escalade de 5 ou 6km.

Luc Valzer avait alors pris les devants et je ne cherchai même pas à contrer son attaque puisque c'était son rythme naturel hors blessure dont il voyait enfin le bout. Je l'aurai pratiquement toute la journée en ligne de mire avec des écarts oscillant entre la minute et 6 minutes.

Le paysage fut varié et malgré l'omniprésence des oliviers, nous eûmes droit à des vues de cartes postales : multitudes de petites maisons isolées sur un flanc de montagne, village aux murs blancs sur une hauteur, chaîne de montagnes enneigées (Sierra Nevada ), villes avec des châteaux sur des promontoires, vestiges historiques. Des siècles de conflits entre les uns et les autres qui se défendaient en élevant des constructions solides, entourées de murailles gigantesques, de fossés et de donjons, érigés sur des lieux stratégiques, symboles de pouvoir et de résistance.

Bref, le dépaysement ne doit pas faire oublier qu'il y a une étape à finir.

Maurice Thepaut me rattrapa plus tard que d'habitude, j'étais plus rapide que les jours précédents, et le second coureur à nous reprendre 1h, à Luc et moi fut Markus. Il me reprit à moins de 1000m du but et je ne pus le suivre. Il finit avec Luc et je suis arrivé moins d'1 minute après.

Bilan du jour : je suis content, je n'ai pas de soucis particuliers.

Demain on passe les 1000km sur une nouvelle étape de près de 60km. J'espère savourer une nouvelle fois.

À+ Fab

13 mai 2025

Comme je suis plus un adepte des westerns que des films sur les Tuche, hier j'ai confondu le nom de la Sierra qu'on apercevait et dont les sommets étaient enneigés : c'était la Sierra Nevada et pas la Sierra Leone (~ Sergio Leone).

Aujourd'hui d'ailleurs, on l'a revue alors que nous étions en train de monter tranquillement une petite bosse peu avant Loja.

Auparavant, l'étape est partie sur de bonnes bases concernant mon groupe des 6h30. Luc s'est mis aux avant-postes, profitant que le profil était plat ou en faux-plat descendant. Après 6km, j'étais à 9,7km/h de moyenne et Thomas Steinicke me dépassa au moment où je faisais une courte pause technique et me ravitaillais. Le changement de route proposa une succession de petites bosses et de bonnes descentes et je repassai devant Thomas mais Luc avait plusieurs centaines de mètres d'avance.

Au R1, Luc était à 10 à l'heure, moi à 9,5. La descente allait jusqu'à La Fabrica où nous prîmes une route tranquille qui montait jusqu'au km24. Je rattrapai Luc et le suivis jusque dans la descente et le ravitaillement 2, à l'entrée de Loja. Je me détachai dans la vieille ville où j'essayai de ne pas trop marcher sauf quand les pourcentages étaient trop forts. La sortie de cette agglomération était assez pénible, il fallut relancer, être attentif aux changements de direction et une fois sur la bonne route, je franchis le 1000ème kilomètre de cette TransEspaña.

Je suis resté sur cette route jusqu'au km 51, entre-temps Maurice Thepaut m'avait rattrapé et lâché tout aussi vite. Je passai aux deux ravitaillements et pris la direction du col de Los Alazores à plus de 1000m d'altitude. Là, c'était joli à regarder, même si avant, le défilé des paysages me distrayait.

Après le col, 3,5km de descente redonnèrent un peu de valeur à ma moyenne et quand on bifurqua pour rejoindre le village, je savais que personne ne me doublerait, contrairement à hier.

Fin de course dans un petit raidillon menant à l'arrivée au pied du gymnase.

Demain, c'est la dernière.

À+ Fab

14 mai 2025

Petit CR de la 18ème et dernière étape de la TransEspaña.

Nous sommes partis à 8h sauf 4 coureurs une heure plus tôt.

Il faisait déjà bon et les premiers sont partis assez vite conformément à la hiérarchie installée depuis plusieurs jours.

Je suivais de loin, me faisant distancer progressivement et je gravitais avec Luc, Thomas et Jean-Michel Frémery. Le parcours était accidenté sans beaucoup de périodes de répit et les paysages étaient beaux avec un soleil parfois caché par les nuages. Cette alternance de montées et descentes me plaisait bien et j'attendais le moment où nous allions vraiment piquer vers la Cala del Moral notre lieu d'arrivée dans la banlieue élargie de Malaga.

Cette descente digne du salaire de la peur fut fidèle à sa réputation et pendant 22km il n'y eut des moments plus calmes que lors de petites remontées que je faisais en alternant marche et course.

J'ai évité l'orage de grêle dont je ne subis que la fin, recevant toutefois quelques grêlons sur la tête et dans les chaussures.

L'arrivée sur la plage après 500m de remblai ponctuait cette virée ibérique de 1080km de la meilleure des façons, surtout si on se souvient des soucis cardiaques des 2 premiers jours.

19ème course de plus de 1000km de faite, 481 étapes.

À+ Fab

Une petite conclusion de Jean-Benoît Jaouen :

TRANSESPAÑA J+10.

Cette première photo signée Attila Temesi postée sur la page de Maráz Zsuzsanna le jour de son arrivée à Málaga a été likée 13562 fois en 10 jours, a généré plus de 2000 commentaires et a été partagée 249 fois... Sacrée promotion pour les courses itinérantes par étapes !

La vainqueure de la TRANSESPAÑA postait des comptes-rendus quotidiens relatant son expérience ibérique (sa pemière course par étapes et elle terminera très émue à Málaga) et sa compatriote Edit Bercès, ancienne championne d'ultra des années 90 et 2000, rapporte un court extrait des réflexions de la Hongroise au riche palmarès, double vainqueure des Spartathlon 2018 & 2019 : Zsuzsi Maráz court et court depuis 12 jours en Espagne. Un seul homme la devance sur le terrain. C'est incroyable comme elle se déplace avec confiance sur le terrain après avoir dormi sur l’asphalte des salles de sport ! Chaque mot de ses rapports doit être pris à cœur, surtout lorsque ceux-ci envoient des messages : « Cette monotonie est bonne parfois, rendant futiles beaucoup de choses du quotidien qui nous occupent à la maison. Par exemple, les choses de la vie publique et la politique ne manquent pas quand on cesse de nous les imposer. Ce serait tellement mieux si l'esprit du sport dominait les débats politiques. Ici nous rivalisons entre nous mais nous ne sommes pas pour autant des rivaux, il n'y a pas d'ennemis, seulement des adversaires avec qui nous ne combattons pas mais avec lesquels nous nous entraidons, encourageons et nous élevons mutuellement, avec qui nous pleurons et nous nous réjouissons ensemble ».

Au-delà de la performance sportive, Zsuzsanna et son compagnon accompagnateur Attila ont été appréciés de toute la caravane pour leur simplicité et leur gentillesse constantes durant toute la traversée. Dans l'un de ses comptes-rendus Zsuzsi rend d'ailleurs hommage à l'organisation et au dévouement de tous ces bénévoles, souvent retraités, qui occupent ainsi leur temps libre et s'occupent des coureurs sur les postes de ravitaillement "comme s'ils étaient tous leurs petits-enfants".

La seconde photo qui capte le fugitif solitaire Maurice Thépaut en plein effort est également du même Attila Temesi et elle résume à elle seule assez bien cette traversée de l'Espagne sur fond de montagnes omniprésentes durant 18 jours (D+ env. 16000 mètres) à l'exception de l'intermède, entre Aragon et Andalousie, des plaines de La Mancha où rôdent encore les ombres de Don Quichotte et Sancho Panza.

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